Persistance au traitement

Près de 40 % des Québécois indiquent avoir déjà cessé un traitement avant la fin de la durée prévue sans en avoir parlé à un professionnel de la santé1. Les traitements pour les maladies chroniques sont particulièrement sujets à cette problématique de non-persistance, entraînant des hospitalisations et une détérioration de l'état de santé de la population. Peu importe la raison qui vous fait envisager l'arrêt d'un traitement, c'est important d'en parler à votre pharmacien au préalable. Il est là pour vous aider.

Problématique de la non-persistance

La persistance au traitement se définit comme le fait de suivre celui-ci selon la durée totale qui est prévue. 

Un sondage omnibus mené par l’Ordre à l'automne 2017 révèle que 37 % des Québécois ont déjà cessé de prendre un médicament prescrit avant la fin de la durée prévue du traitement sans en parler à un professionnel de la santé. La proportion passe à 47 % chez les 25-34 ans2.

La non-persistance au traitement est une problématique de taille :

  • Une étude avec la base de données de la RAMQ a révélé que 20,7% des patients étudiés, atteints de diabète, avaient cessé leur traitement pharmacologique après 1 an3.
     
  • Une étude réalisée avec des données québécoises sur un traitement pharmacologique de la dyslipidémie (cholestérol) nous apprend qu’après 3 ans, 65 % des patients étudiés avaient cessé leur traitement dans un contexte où ils n’avaient pas fait d’événement cardiovasculaire (ex. crise cardiaque)4.
     
  • Une étude sur la dépression avec des données américaines a démontré que la persistance à un traitement antidépresseur après 6 mois était de seulement 36%5.

La non-persistance amène des hospitalisations, des consultations médicales et la détérioration de l’état de santé de la population. Par exemple, une étude a permis de démontrer une diminution des hospitalisations et des coûts de santé en ayant une bonne adhésion et une bonne persistance à un médicament régulant la pression artérielle chez plus de 1300 patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou ayant eu une crise cardiaque récente6.

Raisons qui nous poussent à cesser un traitement

Les principales raisons évoquées par les Québécois pour justifier l'arrêt d'un traitement sont le fait de se sentir mieux (31%), les effets secondaires occasionnés par le traitement (28%), le fait de ne pas constater l’efficacité du médicament (12 %), le sentiment de ne pas en avoir besoin (11%), le manque de ressources financières (8%) et le fait d’oublier de prendre le médicament (7%)7

Les traitements pour les maladies chroniques (comme le diabète, l'hypertension, le cholestérol, l'ostéoporose, etc.) sont particulièrement sujets à la problématique de non-persistance. En effet, leur efficacité n’est pas toujours observable par le patient, qui peut toutefois en ressentir les effets secondaires. 

Aide et rôle du pharmacien
Le pharmacien est un professionnel de la santé accessible et formé pour vous accompagner dans votre traitement. Si vous envisagez d'arrêter votre médication pour quelconque raison, ayez le réflexe de le consulter, car ensemble, vous pouvez trouver les solutions adaptées à votre problématique. 
  • Le pharmacien peut vous renseigner sur votre problème de santé et sur le traitement associé. Par exemple, il peut vous expliquer le fonctionnement et l’effet de votre traitement sur votre problème de santé, même si vous ne le percevez pas. Ou encore, il peut vous indiquer les complications possibles si vous cessez votre traitement. 
     
  • Le pharmacien peut identifier la problématique liée à votre traitement et intervenir, au besoin. Par exemple, si le contexte le permet, il peut modifier l'horaire de prise de votre médicament ou ajuster la dose (augmentation si inefficacité ou diminution si effets secondaires). Dans certains cas, en collaboration avec votre médecin, il pourra vous recommander d’autres options thérapeutiques susceptibles d’être mieux tolérées ou adaptées.
     
  • Le pharmacien peut vous référer vers le bon professionnel de la santé. Par exemple, dans certains cas, votre traitement doit être revu et peut-être même arrêté. Votre pharmacien, en collaboration avec votre médecin, pourra vous accompagner dans cette démarche si elle pourrait être bénéfique pour vous.
Informations complémentaires

Lisez le billet de blogue du président de l'Ordre sur le sujet de la persistance au traitement.

Visitez la section « Comportement responsable » de notre site Web pour en savoir plus sur le bon usage des médicaments.

Références

1 Résultat obtenu lors d'un sondage Web réalisé par Léger du 30 octobre au 1er novembre 2017, à la demande de l’Ordre, auprès d'un échantillon représentatif de 1010 Québécois(es), âgé(e)s de 18 ans ou plus et pouvant s'exprimer en français ou en anglais. À l'aide des données de Statistique Canada, les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, la langue maternelle, la région de résidence, la scolarité et la présence d’enfant(s) dans le ménage, afin de rendre l'échantillon représentatif de l'ensemble de la population à l’étude.

2 Ibid.

3 Guénette L. et al. Difficulty adhering to antidiabetic treatment: Factors associated with persistence and compliance [En ligne]. Québec: Elsevier Masson; décembre 2012. 8 p. Disponible: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23523643 

4 Perreault S. et al. Persistence and determinants of statin therapy among middle-aged patients for primary and secondary prevention [En ligne]. Oxford (UK): British Journal of Clinical Pharmacology; mai 2005  [consulté le 12 septembre 2017]. 10 p. Disponible: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1884848/

5 Keyloun K. et al. Adherence and Persistence Across  Antidepressant Therapeutic Classes: A Retrospective Claims Analysis Among Insured US Patients with Major Depressive Disorder [En ligne]. Springer International Publishing; avril 2017 [consulté le 12 septembre 2017]. 12 p. Disponible: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5425490/

6 Luga A. et al. Adherence and health care costs [En ligne]. Baltimore: Dove Medical Press Limited; février 2014 [consulté le 12 septembre 2017]. 10 p. Disponible: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3934668/

7 Sondage omnibus de l'Ordre des pharmaciens du Québec, op. cit.

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