Antiviraux contre l'influenza : le Collège des médecins du Québec et l'Ordre des pharmaciens du Québec invitent leurs membres à faire preuve de retenue

À l’occasion de l’alerte mondiale actuellement en cours autour de la nouvelle souche d’influenza A (H1N1), le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des pharmaciens du Québec réitèrent l’avis qu’ils émettaient en 2006 et invitent leurs membres à faire preuve d’une conduite professionnelle respectant l’usage approprié des antiviraux.

Dans le contexte de pandémie d’influenza appréhendée actuelle, ce sont les autorités de santé publique du ministère de la santé et des services sociaux qui sont appelées, avec le conseil des experts dans le domaine, à définir l’usage thérapeutique ou prophylactique à faire de ces médicaments.

Ainsi, la prescription d’antiviraux sur la seule base de la demande d’un patient ou aux fins de constituer une réserve personnelle ne saurait constituer une justification d’ordonnance.

En effet, la constitution généralisée de réserves personnelles d’antiviraux contre l’influenza augmente significativement la probabilité d’un usage inapproprié. Les antiviraux comme l’oseltamivir (Tamiflu™) et le zanamivir (Relenza™) qui agissent contre la neuraminidase du virus influenza, ont une action spécifique contre ce seul virus, mais n’en ont aucune sur les autres infections virales respiratoires qui peuvent donner des symptômes similaires à l’influenza. Leur utilisation thérapeutique n’est donc appropriée que lorsque le diagnostic est fiable ou lorsque la condition clinique de la personne malade le requière.

D’autre part, l’usage généralisé d’antiviraux, comme c’est le cas pour les antibiotiques avec les bactéries, incite le virus à s’adapter et favorise le développement de résistances contre ces antiviraux, qui pourraient ainsi enlever un outil indispensable au traitement des malades. Voilà pourquoi il n’est pas recommandé d’utiliser ces médicaments de façon préventive chez une personne asymptomatique à grande échelle. De plus, les antiviraux peuvent causer des effets secondaires (nausée, vomissements, bronchospasmes) et les risques liés à leur utilisation prolongée sont peu connus.

Voilà pourquoi les deux ordres professionnels recommandent de suivre les recommandations du directeur national de santé publique du Québec quant à l’usage des antiviraux dans le contexte d’appréhension actuelle de pandémie d’influenza A (H1N1), qui s’adapteront à la situation épidémiologique et aux recommandations des experts dans le domaine.

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