Une collaboration entre professionnels pour diminuer les grossesses non planifiées

Montréal, le 31 janvier 2007 - Les Québécoises en bonne santé auront plus facilement accès à la contraception hormonale dans toutes les pharmacies du Québec, grâce aux efforts conjugués du Collège des médecins du Québec, de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, de l’Ordre des pharmaciens du Québec et de l’Institut national de santé publique du Québec, avec le soutien du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Dans le cadre de l’application de la Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé (Loi 90), les trois ordres professionnels, en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec, ont élaboré conjointement un modèle d’ordonnance collective pouvant être effectuée par un médecin ou par un groupe de médecins et permettant aux infirmières et aux pharmaciens communautaires d’initier la démarche visant l’accès à la contraception hormonale à des femmes en santé qui n’ont pas d’ordonnance individuelle de contraceptif. Ce type de collaboration entre professionnels est devenu possible grâce à l’adoption, en mars 2005, du règlement sur les ordonnances par le Collège des médecins du Québec.

Ainsi, une infirmière pourra évaluer la condition physique d’une femme qui consulte pour contraception, la renseigner sur les contraceptifs et l’aider à en choisir un, puis à se procurer un contraceptif auprès de son pharmacien, ou, au besoin, de tout pharmacien communautaire du Québec. Cette ordonnance collective implique une consultation auprès du médecin prescripteur ou de l’un des médecins prescripteurs dans les six mois suivant la visite chez l’infirmière afin d’obtenir une ordonnance de contraceptif pour plus d’un an, si cela s’avère nécessaire.

Sur un plan pratique, les infirmières remettront aux femmes un « formulaire de liaison » identifié à leur établissement ou à leur clinique sur lequel sera indiqué le contraceptif choisi. Munies de ce formulaire, les femmes pourront obtenir leur contraceptif de tout pharmacien communautaire du Québec. Les pharmaciens pourront honorer ces demandes de contraceptifs et offrir aux femmes les explications utiles à la prise du contraceptif.

Après avoir rendu accessible la contraception orale d’urgence directement en pharmacie, le Québec se dote maintenant d’une nouvelle stratégie de santé publique pour réduire les grossesses non planifiées. On sait qu’une femme sur trois aura recours à une interruption volontaire de grossesse durant sa vie reproductive. Le taux d’interruption volontaire de grossesse du Québec est le deuxième plus élevé au Canada, après celui des Territoires du Nord-Ouest. Selon le président-directeur général de l’Institut national de santé publique du Québec, le Dr Richard Massé, « On ne saurait trop recommander l’importance de faciliter l’accessibilité à des contraceptifs efficaces pour toute la période où les femmes sont à risque de grossesses non planifiées. Qui plus est, en les accompagnant de plus près, nous pourrons aussi aborder avec elles la prévention des infections transmissibles sexuellement, ce qui n’est pas à négliger ».

« Nous franchissons une étape importante en conjuguant les efforts de trois ordres professionnels au profit des Québécoises en âge de procréer. Cette mesure avant-gardiste permet certes d’améliorer l’accès à la contraception hormonale, mais facilite également la visite médicale qui demeure nécessaire pour bien suivre la patiente dans les mois et les années qui suivent », souligne Dr Yves Lamontagne, président-directeur général du Collège des médecins du Québec.

Pour la présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, madame Gyslaine Desrosiers, ce modèle d’ordonnance collective vient légitimer un travail déjà amorcé par les infirmières et infirmiers du Québec puisque plusieurs d’entre elles le pratiquaient déjà en clinique jeunesse. « Nous officialisons aujourd’hui la pratique « nursing » en offrant un cadre standardisé en ce qui concerne la contraception, en plus de permettre à de nombreuses autres infirmières, comme celles des services courants, de périnatalité, de groupes de médecine familiale (GMF) d’avoir la possibilité de contribuer à l’effort de réduction des grossesses non planifiées », dit-elle.

Le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, monsieur Claude Gagnon, fait observer que grâce à leur disponibilité et leur accessibilité, les pharmaciens communautaires sont souvent les premiers professionnels consultés en ce qui concerne les moyens contraceptifs, dont plusieurs sont disponibles sans ordonnance. « Plus spécifiquement, les pharmaciens peuvent déjà prescrire des médicaments aux fins de contraception orale d’urgence, ce qui contribue à prévenir les grossesses non planifiées ainsi que les interruptions volontaires de grossesse. La disponibilité de l’ordonnance collective en contraception hormonale leur permettra, en interdisciplinarité avec les infirmières, d’agir de façon encore plus efficace dans cette prévention », ajoute monsieur Gagnon.

Le modèle provincial d’ordonnance collective de contraception hormonale définit les éléments d’une ordonnance collective de contraception hormonale selon les lois et règlements en vigueur ainsi que selon les normes actuelles de pratique dans le domaine de la contraception hormonale. Pour en savoir plus sur l’ordonnance collective de contraception hormonale, visitez les sites suivants : www.opq.orgwww.oiiq.org, www.cmq.org et www.inspq.qc.ca.

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Renseignements :

Martine Meilleur
Collège des médecins du Québec
514 933-4179

Chantal Charron
Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
514 895-1987

Michel Bissonnette
Groupe 2009 pour l’Ordre des pharmaciens du Québec
514 284-9588 et 514 868-2009

Isabelle Demers ou Nathalie Hudon
Institut national de santé publique du Québec
514 864-1600, poste 3300

 

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