L'Ordre des pharmaciens du Québec met en garde contre le fait de couper les médicaments

Montréal, le 7 mars 2006 – L’Ordre des pharmaciens du Québec met en garde le public contre le fait de couper les médicaments. Le recours à cette pratique pourrait, dans certaines situations, comporter des risques pour la santé.

« Tous les médicaments ne peuvent être pas coupés et toutes les personnes ne peuvent couper leurs médicaments », voilà en gros l’essence du message que lance la secrétaire générale de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

En effet, plusieurs médicaments ne peuvent tout simplement pas être coupés : ce sont par exemple les médicaments qui sont offerts sous forme de capsule, comme certains antidépresseurs que plusieurs fournisseurs de « coupe-comprimés » citent en exemple sur leur site. D’autres médicaments, lorsqu’ils sont coupés perdent les caractéristiques précieuses que l’enrobage leur donne. Par exemple, certains comprimés ont des enrobages qui font en sorte que le médicament se dissout dans l’intestin plutôt que dans l’estomac, diminuant ainsi les possibilités de brûlements; l’aspirine enrobée est un bon exemple. D’autres enrobages permettent une libération prolongée destinées à faire durer l’effet du médicament dans le temps (comme plusieurs antihypertenseurs) ou encore de libérer successivement dans le temps des quantités précises de médicament. Dans ce cas, le fait de couper le comprimé empêche non seulement l’effet du produit de se maintenir durant la période de temps voulue, mais la libération brusque du produit peut conduire à l’apparition d’effets secondaires indésirables. Finalement, l’Ordre des pharmaciens, à moins de circonstances particulières qui doivent faire l’objet d’un jugement par le pharmacien, ne recommande pas de couper les médicaments pour lesquels une simple variation du dosage peut faire en sorte que le traitement soit inefficace ou encore même toxique (p.ex. le lithium), les médicaments qui demandent une concentration constante dans le sang pour agir (certains antibiotiques), les médicaments qui ne se brisent pas facilement, comme les médicaments dragéifiés, c’est-à-dire enrobés de sucre (p.ex. certaines hormones), ou encore des médicaments qui ont une forme asymétrique.

Par ailleurs, l’Ordre des pharmaciens ne recommande pas que les patients qui souffrent de problèmes cognitifs, d’arthrite débilitante, de problèmes de vue ou de tremblements coupent leurs médicaments.

Pour toutes les raisons qui précèdent, une personne qui désirerait couper ses comprimés devrait d’abord vérifier avec son pharmacien si elle peut le faire sans risques pour l’efficacité et la sécurité de son traitement.

« Les médicaments ne sont pas des biens de consommation comme les autres. La recherche d’économies ne va pas nécessairement de pair avec l’utilisation appropriée et sécuritaire des médicaments. », insiste madame Manon Lambert, secrétaire générale de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

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L’Ordre des pharmaciens du Québec a pour mission de veiller à la protection du public en assurant la qualité des soins et des services pharmaceutiques offerts à la population et en faisant la promotion de l’usage approprié des médicaments au sein de la société. Il regroupe plus de 6700 pharmaciens qui exercent notamment dans plus de 1 600 pharmacies privées ainsi que dans les établissements publics de santé du Québec.

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Source : Ordre des pharmaciens du Québec
Information : Véronique Allaire, conseillère aux communications,
Groupe 2000 neuf, pour l’Ordre des pharmaciens du Québec
514 284-9588 / 514 868-2009

 

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