«Pharmacies Internet», l'exportation de médicaments en vrac, et l'importance des services pharmaceutiques - L'Ordre des pharmaciens s'oppose à la vente de médicaments transfrontalière

Montréal, 10 mai 2005 – L’Ordre des pharmaciens du Québec s’associe à l’Association des pharmaciens du Canada, à l’Association des pharmaciens de l’Ontario, et à l’Association médicale canadienne pour réaffirmer son opposition à la vente transfrontalière de médicaments. L’Ordre croit fermement que l’usage optimal du médicament ne peut se faire sans y joindre des services et conseils pharmaceutiques, ce que l’Internet ne permet pas. Comme l’explique M. Jean-Yves Julien, président de l’Ordre des pharmaciens, « ce qu’on appelle "pharmacie Internet" n’est pas uniquement un problème d’exportation de médicament. La problématique est beaucoup plus vaste. Il faut distinguer le médicament de la prescription. En fait, la prescription est un médicament plus le service d’un pharmacien. Autrement dit, un médicament plus une valeur ajoutée. Lors d’une transaction sur le web, il n’y a que le médicament, sans services ». L’impact négatif principal qui en résulte est le manque de continuité des soins et de communication personnelle entre le pharmacien et le patient.

Par ailleurs, l’Ordre estime que « le gouvernement fédéral doit reconnaître la menace que poserait la légalisation de l’importation en vrac de médicaments canadiens aux États-Unis » dit M. Julien. « Il est impératif qu’Ottawa soit proactif, et prenne immédiatement des mesures pour s’assurer que les réserves de médicaments et le système de contrôle des prix des médicaments soient protégés. »

En ce qui concerne les « pharmacies Internet », sous la Loi sur la pharmacie du Québec, un pharmacien ne peut remplir une prescription que si, et seulement si, la prescription provient d’un prescripteur autorisé dans la province de Québec ou d’une autre province. « Nous croyons que l’utilisation d’Internet en tant que moyen de communication constitue un atout, lorsque utilisé de façon à respecter les expertises professionnelles, les règles et la confidentialité. En plus, la prescription en tant que telle doit être légale. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’elle est signée par un médecin hors Canada. Le pharmacien québécois ne peut donc légalement remplir cette prescription. Je crois que cette interprétation devrait être la même partout au Canada », souligne le président. « Cette réglementation facilite l’exercice d’un contrôle rigoureux sur ce genre de pratiques », ajoute-t-il.

En plus de ces considérations, l’Ordre a mis en relief certains aspects épineux que soulève la circulation transfrontalière des produits pharmaceutiques vendus à distance, notamment l’absence d’assurance responsabilité des pharmaciens et donc de protection pour les consommateurs, la contrefaçon de médicaments, la sécurité et la confidentialité des informations, la gestion des droits des fabricants de produits d’origine, la disponibilité des médicaments et l’impact sur le prix pour les citoyens canadiens.

L’Ordre des pharmaciens se prononce depuis longtemps sur la question de la vente transfrontalière de médicaments via Internet ou tout autre moyen non autorisé. D’ailleurs, en avril 2004, le président, M. Julien, a été invité à Washington par le Surgeon General des États-unis à présenter la position, voire l’opposition, de l’Ordre.

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L’Ordre des pharmaciens du Québec a pour mission de veiller à la protection du public en assurant la qualité des soins et des services pharmaceutiques offerts à la population et en faisant la promotion de l’usage approprié des médicaments au sein de la société. Il regroupe plus de 6 700 pharmaciens qui exercent notamment dans plus de 1 600 pharmacies privées ainsi que dans les établissements publics de santé du Québec.

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Le rapport soumis au Surgeon General est disponible sur demande.

Source:  Ordre des pharmaciens du Québec

Pour information :
Véronique Allaire
514 284-9515, poste 310
Cell : 514 240-6754

 

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