Projet de politique du médicament - l'Ordre des pharmaciens réclame des outils appropriés et des règles cohérentes pour une utilisation optimale du médicament

Montréal, 18 avril 2005 – L’Ordre des pharmaciens du Québec accueille favorablement, dans l’ensemble, le projet de politique du médicament, parce qu’elle traite, dans ses quatre axes, de la majorité des aspects essentiels. Néanmoins, l’Ordre insiste pour que la future politique tienne compte non seulement des axes financier, administratif et industriel, mais aussi et surtout de l’axe réglementaire professionnel lié au médicament. « Cette politique doit fournir les outils appropriés et fixer des règles claires et cohérentes pour tous les acteurs concernés, afin d’atteindre l’objectif ultime, soit l’utilisation optimale du médicament », note le président de l’Ordre des pharmaciens, M. Jean-Yves Julien.

L’Ordre et les pharmaciens sont particulièrement interpellés par cet objectif d’utilisation optimale du médicament de la future politique. L’Ordre croit que les bénéfices attendus de l’usage des médicaments doivent être maximisés par une approche cohérente, développée dans une politique globale qui inclut notamment les services pharmaceutiques. « Une politique du médicament, insiste M. Julien, c’est aussi une politique de services pharmaceutiques, et l’utilisation optimale du médicament, l’un des objectifs du projet, passe nécessairement par l’utilisation optimale des services. »

L’utilisation optimale du médicament
Pour parvenir à cet objectif, la politique du médicament doit tenir compte de quelques éléments centraux, liés à l’optimisation des services pharmaceutiques :

  • Reconnaître l’apport du pharmacien à l’égard d’une meilleure utilisation du médicament. Le pharmacien possède une expertise unique en ce qui concerne la surveillance de la pharmacothérapie, compétence reconnue par la Loi sur la pharmacie. « Cette expertise constitue à notre avis la pierre d’assise sur laquelle la nécessaire préoccupation de l’utilisation optimale du médicament doit se construire et se développer », souligne le président.
  • Permettre et faciliter la circulation des informations cliniques, par exemple l’intention thérapeutique, de l’ordonnance au pharmacien, en tout respect de la confidentialité des données. Il s’agit d’un élément essentiel ainsi qu’un moyen simple et rapide pour favoriser une utilisation optimale du médicament.
  • Supporter la mise en place d’instances pharmaceutiques régionales, structure proposée par le projet de loi 83 et que l’Ordre juge essentielle.
  • Mettre en place un service info-médicament avec la participation des pharmaciens, moyen proposé par le projet de politique et auquel adhère l’Ordre. Il s’agit de l’un des outils permettant d’assurer une continuité des soins pharmaceutiques.


L’accès aux médicaments
Assurer au citoyen l’accessibilité aux médicaments constitue également une priorité incontournable pour l’Ordre. Le RGAM représente un élément essentiel du système de santé. L’Ordre appuie l’idée d’une contribution modulée au RGAM pour favoriser un accès équitable et raisonnable au médicament. Cependant, le président, M. Julien, souligne que « cette contribution ne doit pas constituer un frein à l’accessibilité. Nous favorisons toute mesure qui assure aux catégories de citoyens les plus démunis un accès qui tienne compte de leur capacité de payer ou, pour mieux dire, de leur incapacité de payer ». D’autre part, il souligne que « cet accès équitable et raisonnable nous impose des choix difficiles et l’Ordre reconnaît l’importance du Conseil du médicament ».

Le juste prix
La profession de pharmacie repose sur des principes de base, « les cinq "B" », soit le bon médicament, à la bonne personne, au bon dosage, au bon moment et de la bonne façon. « Le projet, précise M. Julien, en ajoute un sixième, soit le bon prix, celui qui est à la fois juste et raisonnable. Il s’agit d’un aspect incontournable qui, s’il est correctement intégré aux préoccupations de l’ensemble des intervenants, contribuera à assurer la pérennité du Régime général d’assurance médicaments. »

La politique doit accorder une attention particulière au dispositif administratif, de sorte à mieux encadrer les pratiques commerciales jugées acceptables et à prévenir celles qui pourraient être inappropriées. « La politique du médicament est une occasion à ne pas manquer de clarifier les dispositifs administratifs et d’ajouter davantage de cohérence entre les règles touchant notamment les professionnels, dont les pharmaciens, et les fabricants de médicaments», souligne le président, M. Jean-Yves Julien.

Enfin, l’Ordre des pharmaciens recommande fortement que toute politique d’indexation du prix des médicaments soit accompagnée d’un mécanisme d’encadrement afin d’assurer un prix juste pour le citoyen et le RGAM.

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L’Ordre des pharmaciens du Québec a pour mission de veiller à la protection du public en assurant la qualité des soins et des services pharmaceutiques offerts à la population et en faisant la promotion de l’usage approprié des médicaments au sein de la société. Il regroupe plus de 6 700 pharmaciens qui exercent notamment dans plus de 1 600 pharmacies privées ainsi que dans les établissements publics de santé du Québec.

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Source : Ordre des pharmaciens du Québec

Pour information et demande d’entrevue :
Véronique Allaire, Conseillère aux communications,
514 284-9515 p. 310 ou 514 240-6754

 

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