L'Ordre des pharmaciens se prononce en faveur du maintien du régime d'assurance-médicaments au Québec

Montréal, 14 novembre 2001 - Sollicité quant à sa position suite aux récentes déclarations de la ministre des Finances, Mme Pauline Marois, selon lesquelles le régime d’assurance-médicaments pourrait être abandonné si les Québécois ne veulent pas en assumer les coûts, l’Ordre des pharmaciens partage l’avis du ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Rémy Trudel : tout doit être mis en œuvre pour conserver le régime qui constitue un acquis social essentiel.

« Nous avons peine à croire que les objectifs poursuivis il y a 5 ans lors de l’instauration du régime ne constituent plus une priorité pour le gouvernement. Quinze pour cent (15%) de la population était alors vulnérable, ne comptant sur aucune couverture d’assurance pour l’achat de leurs médicaments » a souligné M. Paul Fernet, président de l’Ordre.

Ce dernier a rappelé que bien que le régime connaisse des difficultés de financement, les primes exigibles ayant déjà doublé il y a moins d’un an, tout n’a pas été mis en œuvre pour mieux contrôler les coûts. « Le pharmacien est le professionnel de la santé le plus sous-utilisé en regard de ses compétences au Québec, et il est le spécialiste du médicament. Il faut mieux rationaliser l’usage de la médication et abandonner l’approche silo, qui n’évalue que les dépenses en médicaments sans prendre en compte les bénéfices de leur utilisation, présentant ainsi une vision négative du médicament. De plus, l’absence d’une politique du médicament que nous réclamons depuis des années rend impossible la mise en place d’une stratégie d’intervention efficace ».

Au plan strictement administratif, le porte-parole a rappelé que le gouvernement se prive lui-même de revenus par sa gestion de la franchise : « Un renouvellement prématuré de la médication permet à certains patients d’éviter les frais de franchise. De ce fait, les fins de mois sont devenues presque ingérables pour les pharmaciens, même les ordinateurs de la Régie de l’assurance-maladie ne suffisent plus à la tâche. Avant de saborder le régime, il faudrait peut-être prêter plus d’attention à l’opinion des professionnels responsables d’opérer le système ».

L’Ordre souligne qu’il participera aux consultations publiques annoncées pour le début de l’an prochain, que la collaboration des pharmaciens est acquise au gouvernement et à la population du Québec pour maintenir le régime, mais qu’il est temps plus que jamais de passer de la parole aux actes.

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Renseignements :
Julie Gauthier
JBL & Associés
514 866-1551

 

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