Jean-Baptiste Moretti : un jeune praticien français fou du Québec

Après avoir fait ses études de pharmacie dans son pays natal, la France, Jean-Baptiste Moretti, jeune praticien curieux de nature, a voulu explorer de nouveaux horizons pour poursuivre sa carrière professionnelle. Au Québec depuis deux ans, il dit adorer son nouveau mode de vie. Il n’hésite pas à dire qu’il a déposé ses valises dans un pays qui, malgré la froidure, est peuplé de gens chaleureux, d’une extrême gentillesse et d’une grande ouverture d’esprit, particulièrement en région où il travaille.

Quelles étapes avez-vous suivies pour obtenir votre équivalence au Québec?

J’ai eu la chance de bénéficier de l’Arrangement en vue de la reconnaissance des qualifications professionnelles entre la France et le Québec dont l’Ordre est signataire. Le processus d’équivalence se décline en plusieurs étapes. Après validation de ma candidature, j’ai eu à passer un examen d’aptitude du Bureau des examinateurs en pharmacie du Canada puis une formation d’appoint sur la législation et le système de santé québécois. Ensuite, j’ai fait un stage de 600 heures à Sept-Îles auprès de la pharmacienne Mirella Faubert. Ce stage a été très enrichissant pour moi! Ce processus rigoureux a permis de mettre mes connaissances à niveau tout en constatant les particularités dans la façon de pratiquer ici.

Pourquoi avoir choisi de venir exercer la profession au Québec et plus particulièrement, en région?

J’aime la nouveauté. Vivre dans un autre pays pour voir la différence m’a toujours attiré. J’avais envie de changer de mode de vie tout en continuant à pratiquer ma profession. Le Québec s’est avéré un choix intéressant grâce à l’accord avec la France sur la reconnaissance des qualifications professionnelles. J’ai choisi Sept-Îles ou plutôt, Sept-Îles m’a choisi! L’accueil, la proximité avec le fleuve – j’adore l’eau, moi qui viens du sud de la France – et les premiers contacts professionnels m’ont incité à me lancer dans l’aventure! Présentement, je suis basé à Montréal, mais je travaille deux semaines par mois en Abitibi et je fais des remplacements dans d’autres régions. Même s’il semble atypique, ce style de vie me plaît énormément!

Selon vous, qu’est-ce qui distingue les pratiques pharmaceutiques en France de celles du Québec?

Je dirais que la chaîne de travail et la prise en charge du patient sont différentes. Au Québec, le rôle du pharmacien est plus clinique et il existe une interdisciplinarité entre professionnels de la santé. De plus, avec la Loi 41, le pharmacien peut exercer de nouvelles activités professionnelles et devenir prescripteur. Toutes ces pratiques se distinguent de celles que l’on trouve en France. Ces différences se traduisent par de plus grandes responsabilités qui incombent au pharmacien ainsi que par son degré d’engagement envers la population qui n’est pas le même en France.

Vous êtes en début de carrière : quelle est votre vision d’avenir de la profession?

J’ai commencé en 2015 ici au Québec au moment de l’entrée en vigueur de la Loi 41. Les changements apportés par cette loi sont, à mon avis, très positifs. C’est une chance pour le pharmacien de pouvoir faire évoluer sa profession. Cette nouveauté va renforcer son rôle auprès de la population dont les besoins sont nombreux. Je le vois très bien en région; le rôle du pharmacien est important. L’avenir de la profession me semble bien assuré par une nouvelle génération formée pour relever de nouveaux défis. La formation clinique dans un contexte professionnel est un atout essentiel et la relève apportera certainement des changements majeurs à la profession.

Quel aspect vous plaît le plus dans l’exercice de votre profession?

Hors de tout doute, c’est la proximité avec les patients : être là pour eux, c’est ce que je préfère. En fait, le patient, s’il arrive à voir un médecin, passe très peu de temps avec lui – ce qui est différent en France – et parfois, il peut être désorienté face à son traitement. Le rôle du pharmacien est de lui fournir des éclaircissements sur son médicament et de répondre à ses questions. Pouvoir aider le patient par mon expertise est un aspect primordial pour moi.

Outre la pharmacie, qu’est-ce qui vous passionne?

Ce n’est pas tant une passion qu’une manière d’être : interagir, rencontrer, découvrir, être curieux. Pour moi, au Québec, tout est à connaître! Je réussis à la fois à améliorer mon travail en combinant deux pratiques, française et québécoise, et à vivre une expérience culturelle dynamisante.

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