Frédéric Calon : à la fine pointe de la recherche

Passionné du cerveau humain, le docteur Frédéric Calon en étudie les mécanismes et oriente ses recherches sur de nouvelles approches thérapeutiques dans le traitement des maladies neurodégénératives.

Qualifiant son parcours d’atypique, le chercheur cumule deux formations : l’une en biochimie, l’autre en pharmacie. Ayant eu la piqûre de la recherche lors de ses études à la maîtrise, il a opté pour cette carrière. Depuis 2003, il est professeur titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec. Il participe présentement à une dizaine de projets de recherche et est coauteur d’une centaine de publications et d’articles dans des revues professionnelles.
 

Pourquoi avez-vous choisi la recherche?

Pour plusieurs raisons : la stimulation intellectuelle, le développement des connaissances, l’intérêt pour la découverte et les impacts à long terme de la recherche. Lorsqu’on fait des observations, si minimes soient-elles, on essaie d’en comprendre la cause ; cela soulève des questions auxquelles on veut essayer de répondre. C’est très stimulant.

Quelle est votre spécialisation en recherche?

La particularité de la formation en pharmacie est que l’on voit tous les problèmes de santé qui se traitent. On est donc en mesure de déceler les failles dans les connaissances concernant certaines maladies pour lesquelles on a moins de solutions. C’est pourquoi j’ai orienté mes sujets de recherche sur les maladies neurodégénératives : la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer et le tremblement essentiel, qui est une autre maladie du mouvement.

On s’intéresse également à la barrière hémato-encéphalique. On essaie de comprendre comment elle empêche les médicaments de se rendre dans le cerveau. Globalement, peu de recherche se fait à ce sujet

Les résultats pourraient donc être porteurs?

Assurément ! Et cela pourrait s’appliquer à de nombreux médicaments. Surtout qu’aujourd’hui, on utilise des molécules beaucoup plus volumineuses qui passent encore moins la barrière hémato-encéphalique.

Comment s’échelonne la durée de vos recherches?

Les projets de recherche dépendent beaucoup du financement, donc de la durée de subventions. Certains se finalisent en deux ans, mais d’autres représentent un labeur à long terme. Je dirais que, depuis les vingt dernières années, la recherche pour obtenir du financement se complexifie. Comme vous dites, c’est le nerf de la guerre.

Quelle est la composition d’une équipe de chercheurs?

Elle regroupe des étudiants à la maîtrise et au doctorat, des stagiaires postdoctoraux et des assistants de recherche. Nous avons aussi la collaboration de chercheurs du Québec, du Canada et des États-Unis ou d’ailleurs, particulièrement de France. L’aspect international de la recherche est très intéressant.

Quelles sont les répercussions de vos recherches sur la pratique pharmaceutique ou plus largement sur la santé?

En recherche, les répercussions se mesurent à long terme. Prenons la maladie d’Alzheimer : les traitements actuels ne sont pas efficaces; les besoins sont donc énormes. Nos travaux liés à la nutrition ont suscité beaucoup d’intérêt et ont pu motiver la réalisation d’études cliniques. On a ciblé la prise de suppléments d’oméga-3 et encouragé les gens à consommer plus de poissons. Mais les répercussions sont difficiles à mesurer dû au peu de rétroaction. Étant donné que cette maladie est difficile à traiter et à guérir après l’apparition des symptômes, il y a donc beaucoup de travail à faire en ce qui a trait à la prévention : de là les aspects concernant la nutrition qui peuvent être utiles.

Autre exemple, le tremblement essentiel, qui affecte un grand nombre de jeunes individus autrement en très bonne santé. À chaque semaine, je reçois des courriels provenant de personnes souffrant de cette maladie. Même si globalement, on a fait moins de recherche sur cette maladie, elle soulève beaucoup d’intérêt et cela nous encourage à continuer.

En dehors de la recherche, qu’est-ce qui vous passionne?

J’aime la lecture sur divers sujets… non liés à la recherche ! En ce moment, je lis un ouvrage sur l’histoire des civilisations qui peut être utile à la compréhension de notre monde en constante évolution. Il faut dire que la recherche ne laisse pas beaucoup de temps libre ! Un de ses avantages toutefois, c’est la possibilité de voyager et de conjuguer travail et tourisme.

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