Caroline Blais : démystifier la pharmacie de suppléance

On entend peu parler de ceux et celles qui se consacrent à la pharmacie de suppléance. Ce choix demande une faculté d’adaptation hors pair. Pour faire tomber l’image du « remplaçant » et désamorcer l’inquiétude des patients, il faut rapidement user de dévouement et de sollicitude pour établir un lien de confiance avec eux. C’est ce que fait Caroline Blais, pharmacienne suppléante depuis plus de huit ans qui ne ménage pas ses efforts pour offrir un service de qualité.

Pourquoi avez-vous choisi d’être pharmacienne suppléante?

Après mes études, j’ai travaillé deux ans et demi en pharmacie à Montréal. Mes économies m’ont permis ensuite de voyager pendant un an au Brésil, en Asie du Sud-Est et en Chine. De retour au Québec, je n’étais pas prête à m’établir dans une officine avec un horaire régulier. J’ai donc choisi la pharmacie de suppléance. J’en apprécie l’autonomie professionnelle ainsi que la flexibilité. Je peux ainsi consacrer deux jours par semaine à ma petite fille. Heureusement que mon conjoint est présent pour répondre aux horaires de la garderie!

Comment fonctionne exactement la pharmacie de suppléance?

Il existe divers types de fonctionnement et plusieurs agences de placement. Pour ma part, les contrats de suppléance sont établis plusieurs mois d’avance grâce à une application conviviale sur le site Web de l’agence qui m’emploie, qui nous permet d’afficher nos disponibilités et préférences sur un calendrier électronique. Les pharmaciens peuvent le consulter ou y afficher leurs besoins pour trouver du personnel. Les remplacements couvrent tout le territoire du Québec. Même si les besoins pour des pharmaciens suppléants sont constants, les périodes les plus achalandées sont l’été, les fins de semaine et les congés fériés.

Quels sont les plus grands défis de la suppléance et comment arrivez-vous à les relever?

Les principaux défis consistent à se familiariser très vite avec le milieu, à gérer le travail dans un temps limité et à établir un lien de confiance avec les patients.

La connaissance du milieu nécessite une grande adaptation, d’une part pour être en mesure d’informer les patients sur les ressources professionnelles locales et, d’autre part, pour bien cerner le mode de fonctionnement de ces ressources.

Le temps limité pour effectuer le travail est préoccupant, surtout lorsqu’on veut achever une tâche nécessitant une recherche complexe. Autant que possible, je tiens à régler les cas particuliers avant de terminer ma journée, qui dure fréquemment 12 heures.

De plus, dans un contexte de suppléance, la relation de confiance avec le patient exige une grande compréhension, surtout devant son inquiétude ou son hésitation. C’est essentiel d’être à son écoute. Nous avons un devoir de respect envers lui. Quand le patient manifeste sa satisfaction pour la qualité du service, c’est très valorisant.

Que retenez-vous de votre expérience dans différentes pharmacies?

Je dirais que l’organisation du travail est la clé essentielle à un bon fonctionnement. Avec les récents changements apportés par la Loi 41, les pharmacies doivent se réorganiser et je peux témoigner qu’elles sont de plus en plus nombreuses à le faire. Le travail d’équipe est indispensable à une bonne qualité de service. Les ATP peuvent régler bien des détails, ce qui allège les tâches du pharmacien. En œuvrant dans diverses pharmacies, le suppléant est en mesure d’en comparer le fonctionnement et de transmettre les pratiques novatrices qu’il y découvre. Peu importe qu’il s’agisse d’une pharmacie à petit ou grand débit, c’est l’organisation interne qui permet de faire un travail efficace. Ce faisant, le sentiment de mieux aider les patients et de leur être utile renforce ma motivation.

Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie autre que la pharmacie?

Les voyages, bien sûr! Je m’intéresse également à la coopération internationale, ce qui m’a incitée à faire un certificat dans ce domaine. J’aime me confronter à d’autres réalités qui me forcent à évoluer en me permettant d’acquérir diverses connaissances et compétences.

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